|
Je veux enfin reprendre une marche vivante
Que quelques lâchetés d'une âme trop servile
Avaient laissé se perdre en des terres mouvantes
Dans l'oubli d'un dessein que je pensais fertile.
Je voudrais du passé dévoiler la mémoire,
N'en faire table rase à jamais libérée
Que s'il m'était donné, offerte en présentoir,
La tendre résilience d'émotions enterrées.
Faut-il donc, là, rêver de nos anciens jardins,
Jachères périmées aux fausses nostalgies,
Ou se dire au réel, heurté par ces destins
Que les âges recouvrent d'une douce antalgie?
Songer qu'un souvenir, qui pourtant me fût grand,
Punirait mon enfance s'il n'était que mensonge
Ou mutation latente au désir d'un moment…
Alors que je demande qu'aucun regret ne ronge
Les heures qui m'appellent à assiéger le temps.
|