JARDIN DE LUNE

 

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VENISE

le mercredi 14 mars 2012, à 10:58. Posté par Philip de Berg (auteur : Alfred de Musset)


    Dans Venise la rouge,
    Pas un bateau qui bouge,
    Pas un pêcheur dans l'eau,
    Pas un falot.

    Seul, assis à la grève,
    Le grand lion soulève,
    Sur l'horizon serein,
    Son pied d'airain.

    Autour de lui, par groupes,
    Navires et chaloupes,
    Pareils à des hérons
    Couchés en ronds,

    Dorment sur l'eau qui fume,
    Et croisent dans la brume,
    En légers tourbillons,
    Leurs pavillons.

    La lune qui s'efface
    Couvre son front qui passe
    D'un nuage étoilé
    Demi-voilé.

    Ainsi, la dame abbesse
    De Sainte-Croix rabaisse
    Sa cape aux larges plis
    Sur son surplis.

    Et les palais antiques,
    Et les graves portiques,
    Et les blancs escaliers
    Des chevaliers,

    Et les ponts, et les rues,
    Et les mornes statues,
    Et le golfe mouvant
    Qui tremble au vent,

    Tout se tait, fors les gardes
    Aux longues hallebardes,
    Qui veillent aux créneaux
    Des arsenaux.

    Ah ! maintenant plus d'une
    Attend, au clair de lune,
    Quelque jeune muguet,
    L'oreille au guet.

    Pour le bal qu'on prépare,
    Plus d'une qui se pare,
    Met devant son miroir
    Le masque noir.

    Sur sa couche embaumée,
    La Vanina pâmée
    Presse encor son amant,
    En s'endormant ;

    Et Narcissa, la folle,
    Au fond de sa gondole,
    S'oublie en un festin
    Jusqu'au matin.

    Et qui, dans l'Italie,
    N'a son grain de folie ?
    Qui ne garde aux amours
    Ses plus beaux jours ?

    Laissons la vieille horloge,
    Au palais du vieux doge,
    Lui compter de ses nuits
    Les longs ennuis.

    Comptons plutôt, ma belle,
    Sur ta bouche rebelle
    Tant de baisers donnés...
    Ou pardonnés.

    Comptons plutôt tes charmes,
    Comptons les douces larmes,
    Qu'à nos yeux a coûté
    La volupté !

    (Poème d'Alfred de MUSSET)

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commentaires ( 10 ) (Ajouter un commentaire)
Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le mercredi 14 mars 2012, à 11:02
Comme il est beau, n'est-ce pas ce poème de Musset ? Je ne peux y comparer bien sûr mon petit poème "Venezia" posté hier. Humilité, humilité ! Régalez-vous, ami(e)s avec ce petit chef d'oeuvre et toujours.....vive la poésie. Amitiés à tous et à toutes. Philip.
http://www.mespoemes.net/philipchevalier

larose le mercredi 14 mars 2012, à 13:16
Bonjour Philip!!
C'est une merveille, la poèsie que tu as choisis de partager avec nous, je te remercie infiniment cher poète pour ce beau chef-oeuvre de Alfred de Musset, ton poème que tu nous as offert sur Venise il est merveilleux aussi, c'est écrit autrement mais beau!!!! Merci pour ce beau partage cher ami
Bonne journée à toi
Bises

marcek le mercredi 14 mars 2012, à 14:53
Pour rafraîchir les souvenirs, voici un lien qui nous amène à la vie de George, vie débordante de passion !

http://fr.wikipedia.org/wiki/George_Sand

domidom le mercredi 14 mars 2012, à 15:11
Pas seulement beau, magnifique, un enchantement de lecture....
A bientôt....
Bisous....Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

didou le vendredi 16 mars 2012, à 19:23
Bonsoir philip bravo quelle description je me crois vraiment sur la lagune et venise avec ses fastes et ses fantaisies mais aussi avec ses débordements ...
A bientot pour te lire
Amitié didou

lysi le mercredi 09 mai 2012, à 08:38
Je suis d'accord ce poème est magnifique! Mais je ne comprends pas bien pourquoi il dit : Venise la rouge ..?

violette le samedi 14 mars 2015, à 16:51
Venise

Menteur
Tu m’as laissée
sur le bord de la route
la SPA m’a ramassée
en miettes
J’ai jamais vu Venise

Tu as pris la première minette
En jambettes
Qui stoppait sur la nationalcette
Tu m’avais attachée au poteau
Au soleil comme un chien
La pelée la galeuse Mirzette
Haro sur la baudette
J’ai jamais vu Venise

Y a Sergio qui est passé
A moto cylindrée
Il m’a montée casquée
Et il m’a envolée
Vers le Nord

Et j’ai vu
La Venise du Nord.



Philip de Berg (JARDIN DE LUNE) le dimanche 15 mars 2015, à 12:07
Merci Marine, de m'avoir fait ce commentaire hier, sur cet ancien poème. Amusants, car "modernes" ces vers. Je suis allé plusieurs fois à Venise. Ce n'est pas comme cela. Mais de 9 heures du matin à 6 heures du soir, c'est un infernal et indélicat défilé de touristes. "Salauds de touristes !". Entre ces heures, Venise est vidée et c'est un enchantement.
Dis-voir, est-ce un ancien poème que tu avais écrit ou as-tu rédigé de façon impromptu ces vers après être passé au hasard sur mon poème ? Bien à toi. Philip. Et encore merci.

violette le dimanche 15 mars 2015, à 13:56
c'est un ancien poème
je ne sais comment retrouver mes coms

scorpionne le lundi 21 mai 2018, à 14:05
Bonjour Philip,
Merci pour ce partage du poème de Musset.
Beau lundi à toi.
Bien amicalement,
Jocelyne

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