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N'arrachons pas la fleur champêtre
Pour la sentir d'un peu plus près
La découvrir mieux la connaître
Puis la jeter livide après
N'amputons pas la pâquerette
Le bouton d'or et le lilas
Ni le muguet dont les clochettes
Le premier mai sonnent le glas...
Sur une tige coupée rase
Elles défaillent dans un pot
S'évanouissent dans un vase
Et se noient dans un verre d'eau...
Pour les abeilles qui s'enivrent
Les papillons pareillement
De leur pollen laissons les vivre
Là où les a semées le vent
Et aux bourreaux qui les mutilent
Disons que c'est en se penchant
Qu'on hume leurs senteurs subtiles
Et non pas en leur arrachant .
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