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J’ai vu naître le jardin de l’amour présomptueux
Je m’y suis promenée les matins frileux
sous un ciel bleu, lumineux, soyeux,
enivrée par les parfums délayés capiteux
de massifs piqués de fleurs généreuses, envoûteuses
qui frissonnent sous la caresse dompteuse.
l’ombre des grands arbres moqueuses, joueuse
trace des figures éthérées prodigieuses
à faire pâlir un styliste valeureux.
Des perles de rosée s’accrochent aux corolles goûteuses.
Les oiseaux nicheurs profitent de l’aubaine juteuse
prémices d’une journée qui s’annonce ceinte de mousseline vaporeuse.
Méditer, s’attarder dans ce jardin vaporisé d’essences ensorceleuses
font ressurgir une cavalcade de matinées radieuses,
une multitude de soirées empreintes de tendresse,
laisse un cœur mitraillé d’ondes pulpeuses.
Une extase dévoreuse s’installe fiévreuse
envahit une âme endolorie, quémandeuse.
Le souvenir récurrent d’un amour gonflé d’ivresse
brûle en mon cœur embué de promesses.
Mes yeux assombris ont perdu l’éclat de la jeunesse.
Les saisons se succèdent inexorables, torpilleuses.
Songeuse, ma tristesse est tout sauf lâcheuse.
Elle me projette dans l’atmosphère satinée d’une nuit aguicheuse.
A-t-elle gardé dans le plissé de sa mantille nuageuse
la chaleur de nos baisers maladroits, fougueux,
les règles de nos jeux naïfs périlleux ?
La nuit me surprend, mélancolique, rêveuse.
Par ma fenêtre aux vitres voilées mousseuses,
j’entrevois un coin des cieux, ténébreux.
Les yeux rivés, je fais un vœu.
Sera-t-il exaucé ou rejeté ?
M.C. (01.042012)
(droits d’auteur réservés)
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