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Il est des jours mornes et plats
à peine nés déjà vaincus
sous leur poids de nuages
Des jours de perle terne
dans l’écrin des saisons
petits vieux jours, blêmes, sans fard
Flasques, ratatinés
pomme pourrie, pain trempé
des jours comme une soupe froide
Des jours de tristesse collée à la peau
des jours de rage au poing
des jours de rage au cœur
Avec l’envie de crier
à bouche que veux-tu, à haine que voilà
que tout cela ne tient pas debout
Des jours si gris que même en les pressant
il n’en coulerait pas le plus petit rayon
de soleil, pas la moindre goutte de lumière
Et puis il est des jours si bleus
qu’ils vous prennent à la gorge des jours
si bleus qu’on n’en croit pas le ciel
Des jours à entendre respirer les mots
quand la lumière devient palpable
que les couleurs jonglent avec l’espoir
Des jours de coups frappés à la porte du cœur
de fenêtres ouvertes sur des jardins d’eau vive
des jours de sève ardente, de printemps inédits
Des jours tout chauds, tout gorgés de soleil
poissés d’une liqueur vermeille
des jours d’étreintes sans pareilles
Des jours d’innocence et de miel
des jours d’ivresse et de folie
de bateaux en partance vers de lointains ailleurs
Des jours de fruits ronds, des jours de gloire
et de festin, des jours d’étoiles
en cascade, d’immenses jours très doux.
Il est des jours si gris, il est des jours si bleus.
(droits d'auteur réservés)
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