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Souvent les mots s'achèvent en silence infini
Qui prolonge le temps où le cœur les rêva
Et l'on regrette ainsi l'imaginaire enfui
Des songes dont le verbe, avorté, nous priva.
Les conçoit-on alors pour savoir mal les dire…
A contretemps parfois, toujours dans le déni
Des désirs endormis que notre âme respire,
Ou de passions mourantes en vagues de repli?
Est-ce donc là d'amour ou de nos liens sacrés
Qu'ils nous seraient absents, en manque d'envergure,
Trompeurs et maladroits, illusoires et lassés
De n'être de l'intime qu'un éternel parjure?
Ou serait-elle humaine, l'impossible parole?
Hésitante et bridée, qu'elle fût d'une pensée
Rationnelle et glaciale ou d'émotions frivoles,
Elle dirait l'altéré d'une vie nécrosée
Pour mourir d'essentiel au dernier mot brisé…
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