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Les poètes
Il ne restera rien de nos piètres poèmes
Quelques alexandrins à traîner dans la boue
Avec des anathèmes rimant avec je t'aime
Ou dans une euphorie on croirait à Vishnou.
Plus rien ne survivra aux cendres de nos lettres
L'alphabet se fourvoie sur des sujets tabous
Nous n'avons ni désir de mourir ou de naître
Nous voulons simplement être ignorés de tout.
Des mots pétris d'argile il reste la tournure
Des images fardées, le bout de nos pinceaux
Nous avons tout dépeint et l'homme et sa nature
Accrochant sur les murs d'inutiles propos.
Sous nos plumes acerbes anarchistes ou lâches
Nous avons festoyé Villon et ses tripots
Nos langues de vipères sont bienvenues elles crachent
La méfiance qu'on a vers son alter ego
Le Printemps aura beau ouvrir ses étamines
Nous avons des saisons essuyant des revers
Lorsque chacun de nous ne peut trouver sa rime
Il souffre d'addiction par un manque de vers.
La phrase aura beau parfumer nos esprits
La conquête des mots c'est un Graal qu'on exhume
Puisque la poésie au fond ce n'est qu'un cri
Que nous allons laisser sur des sites posthumes.
On prose pour des vers toujours désenclavés
Cherchant a réciter leur mièvre tessiture
J'écoute le silence qui comble l'alphabet
Et puis je le déclame avant qu'il se fissure.
Brûlez toutes ces lettres qui ne servent à rien
Laissez l'autodafé enflammer nos devises
Vous n'êtes que le mal et nous sommes le bien
Avec ce coeur brigand qui bat sous nos chemises
Claude
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=vertflo
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