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CONNAITRE VOTRE AME
J’aurai voulu, ma douce, ma tendre Dame
Pouvoir une seul’ fois connaitre votre âme,
Ce n’est pas faute que d’avoir longtemps tenté
Au court de longues secondes vite passées.
A ce beau jeu pervers, je me suis épuisé
Et de tout cela je n’entrevis, Madame
Qu’une once, une parcelle de votre âme.
Le peu, mon œil indécis ait pu entrevoir
Vous l’avez toujours effacé d’un seul regard,
Mêm’ le ruban souvenir a été brûlé
Aux rouges flammes impures de vos pensées
Et il ne reste que des lambeaux oubliés
Qui parfois brillent encor dans mes grands yeux hagards,
Qui se ferment pudiques, sauvés par le noir.
Océan où tempêtes jamais ne se calment,
Le moindre nuage épié fait qu’on se pâme.
Par la foudre, par l’éclair, le voyeur fut frappé,
Ebloui, transpercé par les noirceurs nacrées,
Au champ d’amours impies, les ires l’ont crucifié
Et pourtant dans l’ouragan j’ai tenu les rames
A la fenêtre de vos yeux, ai vu votre âme.
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