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Rien n’aura plus d’importance
Sondant nos désastres, ici bas,
Tous les Dieux de nos pauvres cervelles
Qu’empruntent nos prières au son du glas
Se sont peut-être caché derrière le ciel.
C’en est fini de ma maigre pitance,
Comme ces vieux cadavres se rappelant
Le monde jadis dans son errance,
Mon deuil est bien trop lourd dans ces temps
Où se fige le crime sous la potence,
Où se tait le rire fragile de l’enfant,
Où le dictionnaire crache le mot espérance
Aux glaives avides de chair et de sang.
Les mains glacées qu’un ciel ne voit plus,
Par millier attisées d’une braise hurlante
Au front du mal suspendu
Bâillonnent la terre qui chante.
L’oiseau blessé que l’on achève,
L’agneau que l’on égorge ici et là,
Et mon regard lassé, quand le jour s’achève,
Dans ces futurs qui nous tendent les bras.
Non je ne crois plus en ces temps usés
En ces paroles rapiécées au goût du jour,
A l’homme avide d’inventer
Le superflu dans d’affreux détours.
Et quand demain sera hier,
Quand mon cœur, d’un tic tac de pendule,
Enseveli dans ma désespérance guerrière
Aura consommé un dernier crépuscule,
Plus rien n’aura d’importance
Dans ma silencieuse et triste posture,
Tombeau humide où plus rien ne danse,
Où le temps n’est plus qu’injure.
Agrippa
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