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texteAU BORD DE L’EAU
Sur les rives d’un ruisselet
Tout un petit peuple vivait.
Les têtards frivoles nageaient
Dans l’eau frémissante, riaient
Insouciants de leur vie en danger.
La mort rodait aux reflets argentés.
Perché sur les branches feuillues
Effleurant ras, l’herbe moussue,
Immobile, guettant l’heure venue,
Le héron veillait sa pitance crue.
Somnolait un vieux crapaud
Sous le couvert des roseaux,
Un œil tourné vers le ciel,
Epiant l’ennemi mortel.
Calme tranquille était le tableau,
Le paradis vivant au bord de l’eau.
L’oiseau cendré sentant venir la faim
Rêvait encor à son prochain festin.
Dédaignant le crapaud malin,
Indigne de son intestin,
La vue rivée sur les batraciens,
Son régal le plus divin,
Lança son bec vers le menu fretin…
Las ! Le crapaud prudent anticipa,
Croyant venue l’heure de son trépas,
Dans le courant sans hésiter plongea,
Troublant de la transparence l’éclat.
L’anourovore manqua sa cible,
Confus, affamé maudit l’horrible
Trouble festin.
A toute fin
Il faut dans la vie en soustraire la leçon
Pour enseigner à notre malheureux héron :
A n’avoir que le désir du plaisir,
On ne gagne que le plein de soupirs.
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