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Le platane de mon école
L’allée de platanes, qui mène à notre église,
Les dresse fièrement tout en haut des talus.
Et cette longue voûte en taquinant la brise,
Amène la fraîcheur de ses branches feuillues
L'église s’exhibant, joyau de ce village,
S'insère en cet écrin, brillant de son éclat,
Diffuse sa clarté dans cette nef d'ombrage,
Qui impose un silence au plus dur renégat.
Il n'est que les enfants pour rompre ce silence,
Marmots turbulents de l'école d’à-côté,
Sur laquelle s'étend avec magnificence,
L’énorme platane, qui l’a fait ombrager.
Que dire de cet arbre au tronc si tourmenté,
Noueux et crevassé jusqu’au seuil du feuillage,
Cicatrices du temps, témoins de ces années,
Que vents et tempêtes en ont fait le moulage.
Plus d’un siècle affiche de sa longévité,
Faisant de ce géant, le plus vieux de ces arbres.
Il domine le temps et son éternité
Polit son écorce d'un bel éclat de marbre.
Des lettres ciselées, gravées au cours des âges,
Se laissent encore lire avant de s'effacer,
Livrant le doux secret de ces amours bien sages,
Surmontant des prénoms aux cœurs entrelacés.
Le voir ainsi debout étreignant cette terre,
De racines tordues qui fuient à l'infini,
Zigzaguant sur le sol, puis plonger aux enfers
Fouinant ses entrailles pour y puiser la vie.
J'aime ce monument issu du végétal,
Qui profite du vent comme pour parader,
Montre sa colère quand il souffle en rafale,
Frémit de ses feuilles quand il veut s’amender.
Venant de l’école que surplomb ce géant,
Ma jeunesse d'alors a toujours admiré,
Cet arbre robuste, qui comme un confident.,
Arbore sur son tronc nos secrets délurés.
Vous les verrez aussi, jalonner bien des routes
A l'entrée des villes qui les ont respectés.
Faisant une haie d'honneur de leur feuillage en voûte,
Ils parent de leur beauté ces sites enchantés.
Celui que je raconte au sortir de l'école,
De m'avoir vu grandir il retient mon passé,
Et tout comme autrefois il reste le symbole,
Des souvenirs d'enfants que j’aime à ressasser.
(N°15) André le 12 juin 1994
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