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DERISION DERISOIRE
Que ton âme pure accrochée aux rets tissés
Par l’épeire, barbelés de la vengeance,
Vienne aux sillons profonds d’un front, se saigner
Pour noyer les derniers rêves de l’enfance
Avant que de crever les parois du néant
Par le fer noir le plus luisant du désespoir.
Ne pas mourir en paix mais la rage dans les dents
Serrées sur un bonheur tardif qui vient s’échoir
Sur la fange de boue des illusions perdues.
Que peut gagner ton esprit à se torturer
De savoir pourquoi existe la faux crochue ?
La réponse est sèche comme le fil cruel :
La vie n’est pas et ne sera jamais éternelle.
On perd la vie en même temps que la raison,
A chaque seconde se meurt un neurone,
Créateur génial de la pure dérision,
Procréateur stérile, au rang des gnomes.
Un beau matin à l’heure stridente du réveil
Lorsque du fond de la nuit monte le soleil,
L’âme de la vie dans les artères s’éveille
Comme le champagne fuse des bouteilles.
Au diable les bestioles grouillantes, cafards
Remisés enfin au fond de leurs noirs placards,
Pour eux ce matin radieux sonne le dernier soir,
Le crépuscule final des idées désespoir.
L’optimiste se lève et enfile ses bottes
De mille lieues, aller de bouges en gargote,
Valser la gigue, la rumba, la gavotte,
Oublier le noir cul-béni, les décotes.
Il se noie hilare dans la ripaille des mots,
Des cris, des chants paillards et de leurs clairs échos
Qui roulent ivres mort aux pieds sales des tréteaux
Pour rebondir ressuscités comme des cadeaux.
La crise de foi des idées toutes faites
Laisse un goût nectar aux palais des défaites,
Se rafraichissant au doux plaisir de bête
Quand la morale ne joue plus la trompette.
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