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** Les amours perdues **

le mercredi 09 mai 2012, à 11:31. Posté par André


Les amours perdues

Ses songes d'aujourd'hui le prennent par la main
Et l'emmènent si loin, si près de ses vingt ans,
Qu'un amour de ce temps devenu incertain,
Harcèle ses pensées de bien doux sentiments.

Seize fois il a vu les saisons défilées,
Son visage d’enfant se creuser de passion.
Pour les quatorze années de cette dulcinée,
Il lui offrit son cœur avec sa déraison.

Il avait commencé ce sentiment de môme
Par un baiser volé qu'on ne refusa pas.
Princesse elle devint au sein de son royaume,
Où régnait son amour dans son plus bel éclat.

C'était le grand amour puisqu'il était premier.
Mélange de candeur et de pleine innocence,
De regards langoureux ils pouvaient apprécier
Leurs lèvres gourmandes butinant en silence.

Cet amour d’enfance bien trop tôt décidé,
Doit faire ses preuves et montrer sa patience.
Attendre quelques temps, afin de bien prouver
Que l’avenir qui vient fera son expérience.

Et sept fois le muguet embauma les sous-bois,
Avant que leur passion, en habit de marié,
Les unit tendrement avec la bague aux doigts,
Enchaînant leurs deux vies en même destinée.

Il était sincère cet amour de jeunesse,
Qui heurtait leurs tempes de cadences rythmiques,
Mélangeant leurs soupirs aux divines caresses,
Qu'exprimaient leurs deux corps en désirs impudiques.

Ces baisers passionnés, donnés à l’unisson,
Grossirent ses hanches, empâtèrent ses seins.
La graine déposée au fond de son sillon,
Croissait avec l'âme de leur futur bambin.

Ces longs mois égrenés dans l'attente du fruit,
De l'amour obstiné qui la rendait jolie,
Est enfin apparu et puis les a séduit,SS
Illuminant de joie leur tout petit logis.

Tout était programmé pour une vie sans faille,
Car ils étaient armés pour vivre leur bonheur.
Ils furent submergés dans l'ultime bataille,
Celle qui, de sa faux attise la douleur.

Les années en fuyant sonnèrent le déclin
De ces amours perdues qu'on ne peut consoler.
Ils se sont égarés emportant leur chagrin,
Chacun de leur côté en longue éternité.

(N°14) André LANGRAND le 15 Août 1993

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