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SAIS-TU?
Sais-tu toujours le vent qui court dans la montagne
intrépide, sauvage?
Sais-tu le clair sourire, la cascade de rires
du ruisseau de chez nous?
Sais-tu la douceur des matins de lumière
piquetés de rosée,
ces aurores neuves de toute éternité?
Sais-tu encore le gargouillis de la fontaine
qui sans cesse jaillit?
Sais-tu le ciel immense au-dessus de nos têtes
les cloches des moutons?
Sais-tu le pain doré, tout chaud, croustillant?
Sais-tu la table mise
et le café qui fume, l’odeur du feu de bois?
Dis, sais-tu les nuits d’hiver craquantes de gel
ces folles nuits de veille
les longues marches dans la neige qui crisse?
Sais-tu le rouge-gorge
Immobile, transi, si frêle sur sa branche
les petits matins blêmes
crachotant leur fumée au ciel indifférent?
Sais-tu toujours le souffle troublant du printemps
ses longs gémissements
ses bourgeons éclatés aux branches dénudées
ses champs criblés de fleurs
à perte de brise, à perte de silence
et ses senteurs poivrées
qui te précèdent tout au creux des chemins?
Sais-tu encore l’été tout labouré d’orages
ses subites ondées
l’orange du soleil dans la coupe du ciel
ardent, chauffé à blanc
la sieste dans la pénombre, volets tirés
et le chant des grillons
qui inlassablement chiffonne ton sommeil?
Sais-tu toujours le fauve de l’automne
quand la forêt sans fin
retouche ses couleurs, les éteint, les ravive,
les lave sous la pluie
pour les faire éclater sous les rayons obliques
du soleil qui décline
les pommes au verger et les feuilles tombées?
A plein cœur, à pleins bras, dans les plis de ma robe
de là-bas je t’apporte
à l’instant tout cela, les voix de mon pays,
une moisson de rires, de larmes de bonheur et nous partagerons
ces fabuleux trésors
et de ce seul partage nous les multiplierons.
(droits d'auteur réservés)
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