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Ô MAGES
A Pierrot le rosiériste,
De l’amour le fantaisiste,
Ciselant des vers nés de l’âme
Qui vantaient la beauté des femmes.
A François le vil, le manant,
A la corde raide se baladant
Au bal des dames du temps jadis,
A toi l’artiste : de profundis.
A Jeannot, un homme affable,
Chantre des amours sous table,
Le libertin sensuel, mêlant
L’art et le naturel, contant.
A Charles tirant le beau de l’air,
De l’artifice imaginaire,
En essartant le mal des fleurs
Du jardin mouillé de son cœur.
A Arthur, l’ange poète
N’en faisant qu’à sa tête,
Ayant tout écrit à vingt ans,
Sur un bateau ivre partant.
A toi Louis, l’ombre d’Elsa,
Paysan parisien déjà,
Généreux à crever son cœur
Réaliste, sûr un des leurs.
A Paulo, poète capital
De la douleur à la morale,
La leçon est donnée à voir
Par des vers perçant le miroir.
A Boris, le pataphysicien
Crachant sur la tombe des chiens
L’écume de ses jours de malheur,
Arrachant son cœur déserteur.
A Jojo, le gratte-bedaine
Louant Ninon filant la laine,
Gardant un gorille puceau
Jouant de la trompette pipeau.
Au Grand Jacques, le flamingant,
Du cheval il avait les dents
Et la tendresse de ces gens-là,
Leur chantant :’’Ne me quittes pas.’’
Sans oublier Léo, Ferrat
Le communiste et l’anar,
Mettant les pieds dans le grand plat
Ils ne chantaient pas que pour l’art
Voici, la vraie académie,
Celle que j’aimerai retrouver
A l’autel des cieux infinis
Pour mon ultime déjeuner,
Pouvoir en fin les réunir
Autour de la même table,
Discuter à n’en plus finir,
De l’avenir insondable,
Et du passé respectable,
Avec leur compagnie mourir
Dans une joie délectable,
Le cœur en paix sans coup férir !!!
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