|
Faut-il que l'on s'attarde, ternes et anonymes,
Aux rues de quelque ville qu'une foule laboure
Comme fait le sarcloir en gestes hyponymes
Quand on sait le stérile des sols qu'elle parcoure?
Faut-il sous un crachin et le gris alentour
Ou sous le ciel voilé qu'une chaleur blanchit
Errer parmi les murs de ces tristes faubourgs
Que de pâles destins sillonnent à l'envi?
Faut-il plutôt rêver à des terres anciennes,
Du temps de ces maisons qui nous furent chaumières
Et ces neiges d'antan que disent vieux et vieilles
Pour retrouver le cours d'une intime rivière?
Faut-il ainsi se perdre dans l'éternel décor
De nos chantiers vivants réels mais sublimés
Pour garder à jamais les images d'Angkor
En deuil inachevé d'une immortalité?
Non…seulement alors attendre ou espérer
Du gré de ces dérives des chemins que l'on fuit
Et se dire, aux cailloux que nous aurions semés,
Qu'il ne fût aucun lieu ou l'âme se perdit.
|