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L’AVEUGLE
Belle, sans miroir,
Sur la chaise assise,
Le bruit l’immobilise
A mon entrée furtive.
Pour elle tout est noir,
Inquiétante, inoffensive,
Tournant vers moi
Ses yeux sans foi,
Ses mains invitent
Dans un étrange silence,
A briser cette absence
Qui la sépare du monde,
Par un drôle de rite,
Par une bizarre ronde.
Sa nuit n’a même pas l’œil
Glauque qui toujours cueille
Parmi les nuages légers,
Sa nuit c’est deux étoiles éteintes
Sous deux paupières roses,
Sous deux paupières closes.
Dans ce silence qu’il faut briser
Par n’importe quelle feinte,
Je demande : ‘’A quoi penses-tu ? ‘’,
Et sa réponse vient brève et nue :
‘’Je regarde le temps qui passe.’’
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