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les femmes de ma mémoire
habitent mon esprit et ma chair
je les prolonge dans ce jardin
où je sème les mêmes plantes
qu'elles jardinaient encore hier
j'entends parfois le rire de ma mère
s'égrener entre les grappes de groseilliers
ou la voix de grand-mère se perdre dans le poulailler
d'où elle ramène des oeufs encore tièdes
et tout couverts de petites plumes d'ange
toutes les femmes de mon enfance
mère grands-mères tantes marraine cousines
ont tissé en moi les fils invisibles de ma mémoire
elles frissonnent sous ma peau et c'est avec mes mots
que leur âme sereine traverse mon poème
Françoise Urban-Menninger
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