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LE CREDO DU POLITICARD
Homme politique je suis et je le reste,
Toute autre idée que la mienne je déteste
Viscéralement, sans raison ni réflexion,
Par instinct animal, par incompréhension.
La manipulation me sert de tactique,
Je force, impose et dicte, au passage en prime
Dans mes fouilles sans fond, je prélève ma dime,
Mon collant de laine, une caisse bien noire
Que les juges estiment comme un pourboire.
Lorsqu’enfin élu à force de magouilles
Par des sots électeurs que mène la trouille,
Je fais et défais, à mon gré, toutes les lois,
Alors béat, je me prends vraiment pour un roi.
Homme politique je le suis et je le reste,
Tout se qui est hors ma caste, je déteste,
Et au plus profond de mon immense haine,
J’écrase, méprise, mets en coupe pleine
L’humanisme sincère, la générosité,
Cadavres gisants aux morgues de mes pensées.
Je trahis autant que de pompes je cire
Avec les loques de la bassesse, dire
Que mon idéal secret est le pouvoir
Est l’exacte vérité la plus notoire.
L’honneur de ce boulet que je ne saurai trainer,
Je laisse aux généreux le soin de le porter.
J’ai pris comme devise qui guide mes pas :
¨Tout pour le fric, tout le fric pour moi¨.
Homme politique je le suis et je le reste,
Tout ce qui m’est étranger je le déteste.
Aux fanions des partis l’argent est sans couleur,
Blanchi dans les sombres trous noirs du déshonneur
Que la justice situe ailleurs : en non-lieu
Et lave plus blanc que blanc ces soupçons calomnieux.
J’enrage de devoir repasser ces examens,
Ces élections bidon tous les quatre matins,
Le contrôle continu de ces faux scrutins
Où je dois démontrer mon savoir de tribun.
Qu’on me laisse gouverner vos vies à mon aise,
A ce jeu perverti je suis le plus balèze
Et même si je viole votre confiance
C’est évidement pour le bien de la France.
Homme politique je suis et je le reste
L’enfer s’est les autres, je les déteste.
De toute mon âme avec toute ma foi
Pour garder ma place je ferai n’importe quoi.
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