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LE PRINTEMPS
La porte du temps s’entrouvrit indûment
Dans l’espace rayonnant se présenta le printemps épuisé
Par l’attente à guetter l’hiver boiteux, insolemment
Le départ d’un vieillard, d’un état révoqué
Le printemps s’installa dans un céans ludique
Les fleurs, sublime parenthèse, froissaient leurs atours
Les bois, récidive de candeur poussent au libertinage
Les clairières, des saisons répudiées, ombragent leurs amours
L’air s’est étoilé d’une lumière irisée
Une fragrance fugace infiltre l’ivoire du jour
Une bruine passe légère un doigt ciselé
Sur cette peinture qui scelle des paupières veloutées
Le printemps, seigneur d’une cité féodale
A ses vassaux éberlués offre des fleurs saturnales
Ces bouquets se ceignent d’une beauté fatale
Des sabots martèlent la porte du vent : l’été s’affole
Raymonde verney
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