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~ LES YEUX DE SOPHIE. ~
Les yeux de Sophie sont tapis de verdure
Où sa prunelle vient se donner en pâture
Au regard d’envie des faunes de luxure,
Derrière le rideau noir et jaloux de ses cheveux,
- Que cette onde pure peut inspirer d’envieux-,
Cachant par moment cet air un peu orgueilleux.
Le regard de Sophie est un doux traquenard,
Un piège liquide où surnage le noir
Le plus profond qui en fait un curieux miroir
Muet de son âme nue et innocente.
Ses pupilles sont deux aiguilles perçantes
Perforantes le loup noir des nuits enivrantes.
Les yeux de Sophie sont des braises, trop longtemps
Endormies sous les cendres de l’amour absent,
Rougies par les larmes des matins sans serments
Qui se perdent dans le mensonge des amants.
Les yeux de Sophie jouent la belle au bois dormant
Epiant le prochain rayon de soleil levant.
Le regard calme de Sophie est le miroir
Limpide et fidèle, où mon âme peut se voir
Enfin, ainsi que la sienne apercevoir,
Dans l’azur des nuages qui courent parfois,
Dans l’onde fraîche que je bois
Pour tarir ma soif d’aimer, qu’ici je m’y noie.
Au détour d’un rêve inaccessible
Le bonheur est devenu possible
Par l’étreinte de deux mains se cherchant,
Au-delà de l’espace et du temps,
Dessinant des arabesques de joie
Avec l’or caché au bout des leurs doigts.
Deux regards qui se fondent à la source
Où l’eau de jouvence prend sa course
Pour des rivières de nuits étoilées,
Venant noyer la détresse passée
Dans des flots de désirs inassouvis
Emportant les amants hors de leur lit.
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