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RALES EXQUIS.
J’avais rendez-vous avec ma brune
Par un beau matin, au clair de la lune,
Moi, Pierrot prêt à prêter ma plume,
Elle, solide comme une enclume,
Rêve inaccessible des ténèbres
Déjà dévêtue d’un noir funèbre,
Encrier sombre de mes désirs
Qui viennent avec l’espoir nourrir
Les lumières des nuits les plus folles.
J’avais rendez-vous avec la lune
Pour une nuit au creux de ma brune,
Moi, le pierrot armé de ma plume,
Elle, lovée dans son lit de brumes,
Joyau le plus précieux d’un orfèvre,
Habillée d’immensités trop brèves
Source limpide de tous les soupirs
Où viennent gonflées de désir, mourir
Mes dernières amours qui s’envolent.
J’avais un rendez-vous sur les dunes
Du sable chaud du corps de ma brune,
Moi, l’ami pierrot tenant ma plume,
Elle, les yeux ravis qui s’allument
D’un sourire perdu sur ses lèvres,
Sirène alanguie sur la grève
Chante l’écho de mes joyeux sabirs
Où se perdent les cris pâmés de jouir
A l’unisson des joies qui s’étiolent.
En coiffant son bonnet de sagesse
Ma brun’ est devenue Dame blanche,
Je n’ai pas vu venir la vieillesse
Trop béat à admirer ses hanches,
Moi, Pierrot à la chevelure d’or,
Je suis couvert par un casque d’argent,
Crinière d’un très vieux lion qui s’endort
Repu de longue vie, en ronronnant
Les yeux mi-clos sur des rêves d’envol.
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