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LE ROUQUIN.
Quand il rentrait tous les jeudis
En loques et les yeux rougis,
Il faisait front, seul, sans amis,
Faut savoir ce qu’il a subi.
C’est pas sa faute, au¨ mioche¨,
Si on l’appelait : ¨ le boche¨.
Dans la cour même les filles
Refusaient de jouer aux billes,
Au jeu il servait de quille
Pour lui le soleil ne brille.
C’est pas de sa faute, au ¨mioche¨,
Si on l’appelait le : ¨le boche¨.
Les rideaux clignaient sur la rue
A son passage, à son insu
La malveillance est faux-cul,
Toujours il a été l’intrus.
C’est pas sa faute, au ¨mioche¨,
Si on l’appelait : ¨le boche¨.
Le rouquin n’a rien demandé
Sa mère a simplement aimé,
Mais dans la cour de récré,
Faut voir ce qu’il a enduré.
C’est pas de sa faute, au ¨mioche ¨,
Si on l’appelait le ¨le boche¨.
C’était juste après la guerre,
Lui l’enfant de fille-mère,
Il n’a jamais vu son père,
Faut savoir ce qu’il espère.
C'est pas de sa faute, au ¨mioche¨,
Si on l’appelait le ¨le boche ¨.
Lui consolait sa mèr’
Quand on criait : ¨fils de führer¨
Il relevait la tête, fier
Il serrait les poings, en enfer.
C’est pas de sa faute, au ¨mioche¨,
Si on l’appelait : ¨le boche¨.
Au lycée a pris l’allemand
En seconde langue, parlant
De Goethe en outre rhénan,
Et puis il s’en fout maintenant.
C’est pas de sa faute, au ¨mioche¨,
Si on l’appelait : ¨le boche ¨.
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