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OH !, DIEUX
Oh, Dieux ! Que l’esprit humain
Est bas, vil et très malsain,
Pourtant vous l’avez logé
Dans la tête loin des pieds,
Mais l’homme s’est mis à genoux
Et souvent ventre à terre,
Face contre le sol ! Diantre,
Le bel hommage au ciel
Pour remercier le soleil,
Il est devenu rampant,
Plus traitre que le serpent,
Sauf que lui, il rampe debout.
Sa vilénie est sans bout
Dans ce monde qu’il construit,
Sur la terre qu’il détruit.
Oh, Dieux ! Que l’esprit humain
Est mercantile et mesquin,
Bien que vous l’ayez placé
Dans un jardin fortuné,
Mais il a tout labouré,
La terre, les bois, les prés.
Oh, Dieux ! Qu’avez-vous créé ?
L’avez-vous bien contrôlé
Ce chef-d’œuvre animé ?
Etre toujours assoiffé !
Etre jamais rassasié !
Etre prêt à tout bouffer !
Est-ce ainsi que vous l’avez
Un beau jour imaginé ?
Est-ce ainsi que vous l’avez
Par un beau matin rêvé ?
Si c’est ça je m’incline,
Ah, création divine !
Que ne peut-on pas revoir
Jour après jour son histoire !
Oh, Dieux ! Que l’esprit humain
Est souvent roué, malin
Pour oublier la morale.
Vous lui fîtes un code
Bien poli, bien commode
Et pourquoi l’application
Souffre-t-elle tant d’exceptions ?
Non, restez sans réponse,
Gardez les dans les ronces
De vos livres bibliques,
Vos versets coraniques.
Oh, Dieux ! Que l’esprit humain
Est guerrier au jeu de mains,
Pourtant vous l’avez fait pur,
Nu, faible et sans armure,
Il aime à combattre,
Il aime à se battre
Avec ses congénères,
Même pères et mères
Et amis, sœurs et frères,
Gens de la même terre.
Oh, Dieux ! L’homme est agressif,
Chasseur cruel, sans motif.
Bien nourri sanguinaire,
Sans raison tortionnaire,
C’est un bourreau sans pitié,
Seul son plaisir est compté :
Son plaisir est de tuer,
Tout vivant est un gibier.
Vous lui avez donné tout
Et pourtant il est jaloux,
Envieux, égocentrique,
Sans pitié, allergique
Aux bontés, aux charités
Gratuites, non calculées.
Oh, Dieux ! La gent humaine
Est en fait inhumaine !
Vous pensiez faire naître
L’idéal mais cet être
Vivant est l’imperfection
D’une étrange fiction.
Oh, Dieux ! Je vous en supplie,
Moi le mécréant, l’impie,
Cessez cette industrie,
N’assurez plus le suivi,
Le service après vente
De ce machin qui hante
La paix sur la terre,
Le bonheur qu’il enserre
Dans le sombre cagibi
De son cœur trop petit.
Oh, Dieux ! Que le genre humain
Est fourbe, homme de rien,
Menteur, félon sans honneur,
Traitre, déloyal, voleur.
Comment pouvez-vous aimer
Un monstre ainsi créé
A vos images, dit-on ?
Répondez à la question.
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