|

Ah ! le secret au tourment des choses,
Leurs reflets invisibles se ressemblant
Quand viennent d’idéales métamorphoses
Sous l’œil vif d’un soleil adolescent,
Voix où gravissent ces heures éphémères,
Ces miroirs anxieux où l’on se confond,
Cet autre au secret de sa chair,
Au parvis silencieux d’un songe profond.
Vois ces brumes qu’un vent dessine,
Leur vol léger tout plein d’errance,
Dans ces matins mêlés d’aubes enfantines
Elles ont le goût d’une oublieuse enfance.
De l’autre, vers nous, tout semble s’exiler,
Ces musiques lointaines se dégrafant
Dont les notes au parfum en allé
Nous reviennent des fissures du temps,
Je m’y penche souvent en voulant croire
Qu’ils sont l’archet du chant des sources,
Des ombres confuses où vont nos mémoires,
Au jour déclinant finissant sa course,
Qu’ils sont dans les futurs, dans nos abstraits,
Quand nos âmes écoutent murmurer le silence,
Dans les chagrins quand l’autre se tait
Qu’il faut regarder la lumière, sa révérence.
Je veux bien croire qu’en nous tout perdure,
Au creux des gestes et des sourires,
Le temps n’en connaîtra jamais l’usure
S’il se désarme au fond de nos souvenirs.
**
|