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SEXE-TU-ELLE
A l’instant précis où ton corps se dévoile
De sa pudeur hésitante et virginale,
Mon désir prend corps et s’érige en colonne,
Caryatide d’un temple de Sodome
Gardant son entrée chaude et déjà mouillée.
La blancheur du marbre de ta peau dénudée
Est soulignée des cabochons bruns de tes seins
Qui appellent dressés, la caresse de mes mains
Qui se glissent, tremblantes entre les secrets
De ta chair troublée s’abandonnant à regret
Aux frémissements légers qui te font vibrer.
Impatient, tout mon être se tend, arqué.
Le moment espéré, béni, des prémisses
Où l’infini et l’espace s’évanouissent
Vient courir sur des courbes qui prennent leur envol.
Pour un très long instant, le temps suspend son vol.
La rivière fuyante de tes cuisses inondées
Porte la barque pour Cythère abordé,
Que la rame de mon désir nous fait accoster.
Ton bonheur ruisselle dans ma bouche assoiffée
Et ta source que ma langue vient taquiner
Déverse le flot où je suis le naufragé.
Accrochées à cette coupe de champagne
Millésimé, mes lèvres avides regagnent
Emues, le centre rougi de ta souffrance
Que tu caressais solitaire à l’enfance.
Mais ma bouche, ma langue ne suffisent plus
Pour escalader les marches d’un ciel perdu
Enfoui au fond de ton ventre qui se creuse.
Tes mains agrippent la rampe vigoureuse
Pour gravir les sept marches du firmament
Où se cachent les amours des vrais amants.
Puis arrive enfin, éblouissant, le divin
Soleil qui inonde la grotte de satin
Accueillant dans un soupir, un râle étouffé La lumière humide d’un flambeau érigé.
Le sublime va-et-vient de la torche ardente Fait étoiler sa rougeur incandescente
Dans la nuit des yeux fermés par des phantasmes
Etincelant à chaque coup, chaque spasme
Ravivant cette jouissance interminable
Perdue au fond de nos ventres inondables.
Le ciel s’embrase sur l’écran rétine
Quand l’âme en fission vient couler serpentine
Au creuset où le lingot charnel fusionne
Dans un grand cri d’animal qui déraisonne.
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