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Dans mon jardin pousse une fleur
Ma préférée, ma redoutée
La belle, la toujours rebelle
La très troublante solitude.
Avec amour, avec patience
Avec passion je la cultive.
À ça je n’ai aucun mérite
Depuis toujours elle m’a séduite.
Quand de mes larmes je l’arrose
Au soleil toute fraîche éclose
Elle part de son rire frondeur
Et fait sécher sa robe au vent.
Malgré ses airs de grande dame
Sous ses haillons de cendrillon
Cette geôlière douce-amère
De brûlants trésors m’a fait don.
Solitude bel oriflamme claquant au vent
Solitude mystère, fragile rempart
Ô toi ma solitude brandie comme un poing
Solitude silence à n’en savoir que dire
Solitude ténue comme un fil de la vierge
Solitude prison derrière des barreaux froids
Solitude noire tapie au clair de lune
Solitude qui crie à perdre la raison
Je te dois de ces soirs d’implacables tempêtes
Quand barque prisonnière de tes assauts colère
Épuisée, vaincue je dépose les armes
Je mets à la cape et dérive sans erre
Solitude sœur de l’angoisse, chemin du doute
et du défi, prix à payer pour liberté
Solitude tu me grandis, je te chéris
Et je te hais, je te regarde au fond des yeux.
(droits d'auteur réservés)
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