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AINSI SOIT-IL
Poète, tu es en équilibre
Entre le vide du néant
Et l’abîme du rêve
Que tu reformes, incessant
Dans une lutte sans trêve.
Que pour toi, les vers
Soient des insectes agiles
Transparents, de verre,
Volants dans un monde fragile.
Que chaque mot
Soit soupir de vie
Sans recherche du beau
Comme dans le lit.
Que ta conscience te guide
Et soit la seule muse
Que tu aimes et courtises,
Bien qu’elle soit frigide
Et que cela ne t’amuses
Pas plus que le cheval de frise.
N’oublie jamais
Le monde où tu es
Car tu écris, tu le sais
Pour le peuple qui nait.
Faire un pied de nez
Au grand maître
Car libre tu es né.
La rime au faîte
Pour que la musique soit
Jouer avec bonheur
Sur une portée de soie
Avec la clef du malheur.
Pas de rêve épique
Car l’on s’y pique
Comme le papillon
Sur le petit bouchon.
Avant tout honnête
Sera le poète.
Poète, enfant d’Apollon,
On te dit fils des dieux bons
Mais tu es chair d’homme
Nourrit de feu et de rhum.
Que l’amour te guide
Sur la voie rigide
Avec traces voluptueuses
De tendres joutes amoureuses
Et tisse avec la joie
Un grand destin de roi,
Humble et modeste
Aux passions funestes.
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