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Le Silencieux Abri de l’Être…..
…..Du plus loin et de l’Immémorial, de l’Initial s’il en est un, peut-être de
Toujours, elles sont venues, elles viennent, des Lointains inaccessibles, du
Plus ancien que le Vivant et que la Terre, ouverts, scellés, de l’Entrelacs
Inextricable du Dedans et du Dehors, elles viennent, du mystère des Douleurs
Et des Présences, ouvertement secrètes, les Eclosions, les Déchirures, les
Erosions et les Caducités…..Elles n’ont de cesse, en Vérité et sans pourquoi,
D’offrir leurs floraisons sublimes et livides aux Corps, aux Visages et aux
Choses, la pierre s’use et s’amenuise au Jeu croisé de l’Eau, du Vent, et du
Feu et des sables, aux Faces en stupeur transparaît le masque du Vieillir et
Les Outrages échoient à nos Corps pathétiques, orphelins à jamais de Désir
Et d’Amour…..
Du plus Ancien, elles sont venues, elles viennent, Apparescences, Présences
Et Sénescences, Fissurations, Ô Naissances inverses dans la Disparition, Ô
Grimages, Grimaces que figent en nous l’Inerte insaisissable et le Rien d’Être,
À tout Vivant sa levée, son gisant, promesse minérale, son Fatum de silence,
Aura de Négation qui relie et sépare, à toute Chair, prodige de son Naître, sa
Membrane fertile et sa bogue incisée, Ô cris, blessures, ce grand Sourire
Ouvert sur la scène traquée de tous les Requérants, de l’Espace et du Temps,
Gésine à chaque instant risquée au plus profond de Soi qu’une Autreté déjà
A saisi et ployé, natalement d’Enigme et théâtre d’Etrange au labyrinthe des
Intrigues toujours recommencées, appétences, suppliques, amours, esseulements,
Rencontres de Merveilles, blêmes stupeurs des Deuils…..
Ô Femmes, Ô Hommes, cousus de Chair et d’Absence et d’Enfance, un Monde
S’est ouvert dans les Fissures de la Matière vive qui nous dressa sur le socle
Des Pieds, Voyants d’Entours et de Lointains et dans la Faim, la Peur qui fait
Parler en signes à distance, Inventions de Légendes sanglantes, Récits des
Hordes, Rapines, Prises, Fuites, Accouplements, Parturitions, mystère du Feu,
Nominations, Inhumations…..
Je songe à l’Initial et à l’Immémorial, aux Eclosions sublimes et livides, hors
Raison et dans le tremblement, à l’outrage ultime des Corps, hors Parole…..
Je songe au silencieux Abri de l’Être…….
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