|
Le pays d'où je viens, de vallons et rivières
Demeure en son écrin l'éternel d'une terre
Enchâssée de toujours au pied de ces montagnes
Qui savent à jamais chanter au vent d'Espagne.
Le pays d’où je viens a le goût des légendes
Et la geste d'Hugo pour peu que l'on entende
Nous dit qu'il fût, un jour, quelque glorieux héros
Pour trancher d'une épée les monts de Roncevaux.
Le pays d’où je viens se veut d'un seul terroir,
Du labour, de la soule, des plaines bigourdanes,
Qu’on soit au pays basque, en Bigorre, en Béarn
Il n'est qu'un seul royaume qui puisse lui échoir.
Le pays d’où je viens se plaît d'être et d'avoir
Quand le travail des champs, les bêtes nourricières,
Rassemblaient tout un monde en fêtes ou prières
Et que montaient les chants à l’apéro du soir.
Le pays d’où je viens est d'une âme bien née,
Trenet en fit le miel de ses jeunes années
Et le temps des regains et feux de la Saint-Jean
Egrène la langueur des nostalgies d'antan.
Le pays d’où je viens, d’où je suis par l’enfance,
Las, pleure les saisons anciennes du bel âge
Qui savaient l'essentiel du destin des villages
Pour en garder mémoire et douce souvenance.
Le pays d'où je viens ainsi se désespère,
En friche et délaissé, en deuil de ses printemps
Et de ses paysans qui fuient leur dénuement,
Il offre aux gens des villes d'inutiles jachères.
Le pays d’où je viens garde tout son mystère,
Si le désert se fait, si les espoirs s’enterrent,
Il reste tant au cœur de son histoire humaine
Que je veux espérer qu’elle ne reste pas vaine.
|