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A fleur de peau des marques d’or
On dirait bien que la vie
C’est chercher le rivage
Et s’y noyer d’ennui
Console-toi tant que tu peux
Tu ne manqueras jamais de larmes
Au moins
Ailleurs Toujours ailleurs
Sévit le message du sang
Pour être tout à fait heureux j’aurai toujours trop peur
Et de fait
Croire en demain
C’est s’enivrer d’amertume
Demain c’est un navire
Les cales pleines mais les voiles en berne
On va c’est sûr On va Mais vers où
On va Mais combien de temps
Connais-tu le rivage
Palmiers en carton
Papier-mâché du sable
Quelque part où marcher sans que le pied ne faille
Un ailleurs
Autre part
Tendre illusion de rivage alors que
Le temps mâchouille nos chairs
Un peu sous l’œil
Un peu sous l’aine
Un peu Beaucoup
Beaucoup trop
Il s’applique et s’enchante
Et jamais ne se lasse
Le temps
J’habite un lieu d’exils et de miracles défunts
Qui se nomme la vie
Un lieu comme un palais que rongeraient les eaux
Juste il suffit d’avoir fait sa valise
En attendant que vienne
Le clapotis de l’âge
Alain
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