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Toulon
Nous étions des milliers, tous nouveaux engagés,
Rassemblés au hasard dans des camps de triages,
Venus de tous les coins de la France outragée
Pour sauver ce pays sortit de l’esclavage.
C’était quarante cinq, fin de guerre infernale.
On était en avril, quand je suis arrivé,
Au cinquième dépôts, logé dans l'arsenal
De Toulon ravagé, durement éprouvé.
Je me souviens aussi de son port mutilé...
Sur ses quais démontés, des bars à matelots
Attendaient leurs marins, si longtemps confisqués,
Sur fond d'accordéon d'un fox-trot bien vieillot.
C’était le renouveau, le retour des cols bleus...
Liberté retrouvée, mais l'escadre blessée
Au fond de la rade depuis quarante-deux,
Gisait comme assoupie, près des quais, adossée.
Et pendant trois années je les ai côtoyés,
Sabordés pour l'honneur de la fière Marine,
Privés de pavillons et ainsi foudroyés !
Témoins de la guerre pour bien triste vitrine...
(N°66) André le 14 Mai 2010
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