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(Paradoxes 2)
8 février
«Même dans mon for intérieur, je n’ai garde de penser que ceux qui croient différemment de moi aient le jugement plus mauvais, et d’oublier de quelle manière fragile et contingente sont faites les opinions d’un homme. La pluralité des opinions est de beaucoup préférable à leur unité. »
Jean Rostand (1894-1977)
Biologiste et écrivain
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Voilà une belle leçon d’humilité, mais qui saura que l’humilité est la force véritable ? Doit-on faire davantage confiance à notre intuition plutôt qu’à nos jugements ? Du reste, ce n’est pas d’aujourd’hui que l’on sait que le jugement objectif n’existe pas. S’il y a jugement, il y a juge et, à moins d’être une machine, ce dernier est forcément empreint de forces et de faiblesses, de fatigue et d’énergie, de passions et de fantasmes, d’équilibre et de malaise, d’espoir et d’angoisse. Ainsi, tout jugement porté ne peut que ressembler au juge qui l’édicte.
On peut dire des sornettes et s’éloigner tout à fait de l’objectivité.
Sans me sentir le moins du monde moraliste, dans le sens commun, je crois que dans notre monde, sans le respect de la vie rien n’est possible.
Ainsi va ma foi, et elle en vaut une autre.
On peut aussi longuement réfléchir avant de parler, particulièrement avant de porter un jugement, et de ce fait, essayer d’être le plus objectif possible, sachant d’avance que nous n’obtiendrons jamais toutes les réponses à nos désirs. Oui, hélas pour nous, le jugement absolu n’existe pas, tout au plus peut-il être bon ou mauvais, selon nos conceptions de cela, selon le choix et le sens que nous posons sur les mots.
Partant de là, l’acquisition de la vérité ne peut être l’affaire d’un seul homme, mais de toute l’humanité qui se concerte.
L’individu qui désire travailler a néanmoins la possibilité - non le devoir - de chercher au mieux et d’apporter ainsi sa contribution. Ceux qui ont des enfants ont plus encore de responsabilités.
C’est plus parmi les musiciens et les saltimbanques que j’ai trouvé des amis, plutôt qu’en des tribuns sur leurs hauts de tribunes. Il y a eu des héros de guerre, de grands musiciens, de grands panthéons et de grandes sépultures.
Qui peut dire d’où jaillit la valeur humaine ? Et, encore une fois, le sens du mot valeur fera tous les discours.
Monsieur Einstein lui, ne faisait pas seulement des équations, il était aussi un homme, un homme surtout, capable de créativité intérieure. Monsieur Einstein était un chercheur et un philosophe. Pour ses recherches, la contribution qu’il avait souhaitée a été dépassée et détournée, c’est un fait. Ses découvertes ont à tel point bouleversé les choses qu’il a fallut redéfinir les manières de penser.
C’est à peine s’il a eu le temps de dire : « Messieurs les militaires, si vous faites la prochaine guerre avec des missiles nucléaires, celle d’après, vous la ferez avec des silex. »
Et encore : « Il n’y a que deux choses qui soient infinies ; le cosmos, et la bêtise humaine. Quoi que, pour le cosmos, je n’ai aucune certitude »
Einstein était-il le saltimbanque de la science ? La mauvaise conscience des gouvernements ? Un des musiciens de l’énigme qui nous paraît essentielle ?
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