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GLOIRE AU PREMIER
Un jour un premier ministre
Qui lui, ne volait pas très haut
A crée ce mot sinistre :
‘’La France d’en bas !’’, sans jeu de mot.
Nouvelle raffarinade,
Vocable nouveau désignant,
Un esprit de rigolade
Involontaire, mal séant,
Les gueux, peuple travailleur
Suant sa vie pour les nourrir,
Sous le joug du plus dur labeur
Gagnant sa vie à en mourir.
Selon ses vœux, l’attitude
Se doit d’être positive,
Prenons donc de l’altitude
Pour saisir cette dérive.
‘’La France d’en bas’’, quelle boulette !
Sage, doit être aux pieds,
Aux ordres de la sommité
Qui règne avec la houlette
Du berger démocratique,
Troupeau bêlant, ces vermisseaux
Levant un œil sans critique,
Fiers de n’être que des vassaux,
Se réfugient dans les sous sols
Dès l’appel de la sirène,
Calypso qui les affole
Et les maintient sous ses rênes,
Encore deux ou trois alarmes,
Ils seront aux oubliettes,
Dans le cul de basses hausses,
Fosse commune en quête
D’un pouvoir d’achat qui gausse
Sans espoir de reconquête.
Si ‘’la France d’en bas’’ s’enterre
Vivante et désespérée,
‘’La France d’en haut’’ laisse faire,
Satisfaite et argentée,
Jetant des pelles de terre
Sur le cercueil des délaissés.
Au plus bas, tous les prolétaires
Juchés au niveau minimal
Rêvent leur grande misère
Très haut vers le néant astral,
Leurs bras décharnés sont trop courts
Pour atteindre la vue des grands,
Leur voix s’arrête au détour
De la ceinture les étranglant.
‘’La France d’en bas’’ de l’échelle
Aux barreaux depuis longtemps sciés,
Ne la mettez pas hors d’elle
En servage pieds et poings liés,
Méfiez-vous, elle se rebelle
Lorsque l’on foule sa dignité.
‘’La France d’en bas’’ que vous toisez
Ne baissera jamais les yeux.
Monsieur le ministre premier
Si l’imbécile est heureux,
On est sûr que vous le soyez
Au degré le plus honteux.
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