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C'était le temps de l'été malheureux
avec des ciels plombés , nuageux
Il me reste à marcher sans fin
parcourir les rues du destin .
J'aime alors jeter un regard à la mer
sur le pont entre deux , ballotté de poussière .
Le vent d'ouest me rappelle les bateaux
l'humeur iodée du parfum de l'eau .
Je croise des touristes perdus
qui courent vers des lieux nus .
Parfois il me demande la route
je crois répondre : « En avant toute ! » .
Je suis jaloux de leur faces rieuses
de leurs fausses joies de gueuses .
J'espère ainsi qu'ils se sentent vains
pour se retrouver, enfin , humains .
Il y a le soir des ombres blondes
sur des jupes vagabondes .
Elles me clignent des yeux
moi l'aveugle au regard bleu .
Elles ne sont que des moments ,
des images espérées d'un instant .
Je ne sais que trop l'éphémère
d'un sourire d'un soir en bord de mer .
Parlez moi plutôt de vous
de vos vies perdues et tout ,
des amants oubliés , des lieux improbables
du bonheur de dire des mots admirables .
Mentez moi s'il vous plaît !
racontez le plaisir d'un verre de lait
sur le bord de la table
avec un rire jetable .
J'ai besoin de vous croire ,
de sentir le souffle de gloire ,
une fois encore d'espérer
aux mots d'amour sans cesse fredonnés .
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