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Inch Allah, comme on dit...
Faune aux sabots légers,
Aux cornes emmêlées
De pampres et de lierres,
O faune délicat
Chantre de nos émois
Aux vers vifs et sincères
Que les grâces hissèrent
Sur le pavois des rois.
Sur les prairies lassées
Des feux de la journée
Lorsque le soir d’argile
D’ordre et de volupté
Montre la nuit utile
Toute à la paix livrée
Et tire le volet
Du jour sur les bosquets
O faune, doux satyre
Faune au fauve sourire
Mille fois je t’ai vu
admirer en secret
La nymphe qui baignait
Dans l’eau fraîche d’un ru
La pâleur de son pied
Par les roseaux cachée
Oui, je t’ai vu souvent
(L’enfance a des lumières)
Dans la jeune clairière
Pour l’ondine dansant
Pensif et solitaire
Jouer d’un doigt galant
Quelques versets charmants
Qui célébraient la Terre
Hélas le monde va!
Dans sa marche guerrière,
La cité meurtrière
Qui ne respecte pas
Les lois, des dieux bénies
Peu à peu a tout pris
Des taillis, des forêts
Que Ronsard célébrait.
Désormais quand la nuit
Tombe sur le pays
C’est le chant des diésels
Qui monte vers le ciel
Et si tu vis encor
O faune plaint le sort
Des hommes qui demain
Sur terre n’auront guère
Que leurs yeux pour pleurer.
Faune aux sabots légers
De pampre couronné
Tu ne peux rien y faire
L’homme a un cœur de pierre
Dans un porte monnaie
Jamais assez rempli
Ce qu‘il aime sur terre
Ce n‘est que son profit
Pour le reste tant pis!.
Inch Allah comme on dit
SM
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