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Le soleil vient de jaillir tel un rubis dans son écrin doré et enlève son voile léger, une grande vague de lumière inonde prés et lisières en se jouant de la nudité des chemins.
Je touche du bout des yeux le trésor tant attendu en découvrant la rive au charme bucolique, le temps de déposer mon matériel et je jette ma ligne juste au-delà des nénuphars qui constellent les eaux immobiles, je m'installe sur mon siège en attendant la touche, pour profiter du parfum émouvant des églantiers en fleurs, mais aussi de l'adagio divin du petit rossignol.
Les premiers rayons diamantent le miroir de l'étang, après quelques minutes d'attente, mon flotteur frémit doucement puis entame une étrange danse, s'immobilise et disparait, j'empoigne ma canne et ferre sans attendre, le premier contact est plutôt brutal, le poisson prend la direction des nénuphars tout proche, j'ai juste le temps de contrer son rush, mais il repart de plus belle vers les roseaux de la berge, encore quelque manœuvres et il apparaît, c'est une superbe tanche d'une longueur honorable. je plonge l'épuisette dans l'eau et dirige le poisson vers le filet, ouf! la tanche est dedans, d'un coup de poignet je la dépose sur l'herbe et caresse sa superbe robe émeraude, mes doigts effleurent son flanc comme pour mieux la mesurer. après quelques instants elle regagne la bourriche.
Je repars heureuse vers la maison j'ai réussi ma quête des sens, ils y sont tous, euh!!! non il en manque un, car j'ai gardé le meilleur pour la "faim". le temps de la préparer, de la faire cuire et de me régaler de ce met succulent, au goût du bonheur champêtre celui-là même qui donne un sens à ma vie
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