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Se souvenir de soi, de ces métamorphoses
Modelées, croyait-on, pour l'âme et ses combats
Et se savoir présent dans l'univers morose
De leurs anciens désirs que le temps galvaudât.
Rester vaille que vaille sur la piste aux étoiles
D'un cirque en déshérence à l'écart des faubourgs
Où s'animent épars sous des lambeaux de toile
Les baladins sans nom des comptes à rebours.
Patienter et vieillir aux vies qui nous attachent
Espérant de leur cours l'éveil à quelque monde
Qui nous pardonnerait d'avoir été trop lâches
Pour fendre notre armure d'une geste féconde.
Revoir à l'infini d'une histoire ordinaire
Les rêves que l'on fît d'une réalité
Et chanter d'une voix, atone mais colère,
L'humanité sans fard de nos cœurs alités.
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