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Le râteau de la plage…
Les derniers jours d’août s’amenuisent soudain,
Me faisant souvenir que peu de lendemains,
Me restent pour saisir la divine occasion
De flirter gentiment, mais sans grande illusion.
C’était y a quelques jours affairé sur la plage,
De mon fin parasol j’en assurais l’ancrage.
Le soleil au zénith me dardait de rayons,
Quand soudain dans mes pieds, me heurta un ballon.
D’un œil inquisiteur je piste le coupable,
Qui d’un drop réussi en eut été capable.
Rien de tel dans mes yeux n’indique le farceur
Au petit pied malin qui serait le lanceur.
Point d’enfant de ce nom se pointe à l’horizon
Recherchant le délit, en un mot le ballon.
Le parasol posé et enfin apaisé,
Je m’étends sur le plaid, bien calé, pour bronzer.
A peine sur le dos les yeux plus que mi-clos,
Je m’adonne au soleil tout comme un tournedos,
Pour rôtir un peu plus, sans pour autant rosir,
De poulet déplumé à vraiment bien brunir.
Je joue aux rôtissoires à fin d’être parfait,
De mon cher bronzage, pour être satisfait.
Comme un maître-nageur au milieu des baigneuses,
Qui gigote en vain pour trouver l’allumeuse.
J’admire leurs ébats, quand soudain elle se lève,
Sort de ce brouhaha et traverse la grève.
A la taille racée d’une rare élégance,
Toute brune, jolie, vers moi elle s’avance.
Mon petit cœur soudain se met à la chamade
De paraître trop nul, face à la naïade.
Un sourire divin éclaire son minois
Quand elle me dit bonjour, d’un air très courtois !
Salut, ça va et vous ! Furent mes premiers mots.
A qui ai-je l’honneur ! D’un air plus que falot.
Je vous en prie monsieur, si vous me permettez,
Le ballon de mon fils je désir vous l’ôter.
Je saisi le ballon, heureux de cette aubaine,
Qui me fait l’occasion d’un début de fredaine.
Je trame sur le champ le fameux stratagème,
Ma voiture à deux pas et chez toi sans problème.
Permettez s’il vous plaît de vous accompagner,
Un court moment, merci, le temps de besogner
Pour ranger l’attirail. Je suis à vous, présent !
Mille mercis, monsieur, mais mon mari m’attend…
J’évoque tout d’un coup d’innommables rancœurs,
Marmonnant dans mes dents t’aurais pas un’ grand’ sœur,
Et c’est tout sourire que je m’entends lui dire,
Je vous en prie Madam’, demain j’ vais revenir.
Moralité
Si l’on est sûr de rien il faut mieux s’abstenir,
Car de prendre un râteau ce n’est pas du plaisir,
On y laisse quelquefois son orgueil de mâle,
Que la soif d’aboutir, donne au cœur la fringale.
Le 06 Septembre 2008 André
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