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LES SOUVENIRS
Les souvenirs s’en vont là-haut, vers les sommets,
Ils poursuivent le vent qui tourmente les chênes.
Ils partent sans un mot, s’envolant à jamais,
Le passé s’affranchit du carcan de ses chaînes…
Oui… je voudrais le croire et ne plus en douter
Mais quand on reste seul, la douleur est amère.
Cette petite voix, il nous faut l’écouter
Comme l’enfant, jadis, quand lui parlait sa mère.
On ne peut à dessein transformer cet écran ;
Chacun de nos désirs enfonce ses empreintes.
Il n’est pas suffisant de posséder du cran
Pour changer la mémoire et toutes ses contraintes.
Aussitôt reproduit, rien ne s’efface plus.
Le cerveau enregistre, isole, claquemure.
C’est une forteresse abritant le surplus
De la souffrance humaine et lui tient lieu d’armure.
Les souvenirs s’en vont vers les plus hauts sommets
Dès que paraît le soir et les nuages sombres…
Ils reviennent plus forts aussitôt que je mets
La clé dans le verrou qui s’ouvre sur les ombres.
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