|
Ils sont là ces assoiffés
Qui vont la bouche sèche
Dès le matin au café
Et cherchent leur émèche.
Leurs tristes yeux laiteux
Plantés dans le brouillard
De leurs rêves aqueux
Sont comme des fuyards,
Et ces pauvres soiffards
De faire du comptoir
La demeure sans phare
De leur vie illusoire.
Ils pleurent sans larmes
Un chagrin secret
Un douloureux drame
Une frustration, un regret.
Ils ne sont pas assez forts
Pour vivre leur rancœur
Et l'âme de leurs peurs
Sans se détruire le corps.
Amoureux de cette vinasse
Prisonnier du tire-bouchon
Ils sont devenus paillasse
Tristes amis du culot rond,
Et coule dans leurs veines
Un bien triste résineux
Qui occulte leurs peines
Le temps de rêves vineux.
Jean-Fred
http://www.mespoemes.net/sites/index.php?login=jeanfred
|