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Par une fenêtre de l'hôpital psychiatrique(sonnet)

le vendredi 03 août 2012, à 22:23. Posté par René


    Pensées d'un soignant- Pavillon des anciens- Rennes

    Pas une étoile au ciel. La nuit est tâche d'encre.
    Et sous le réverbère, astre microfilmé,
    Tremble l'or lumineux d'un feuillage apeuré.
    On dirait qu'un vaisseau s'en vient de jeter l'ancre

    Comme un fragile espoir que menace le chancre
    D'un apocalyptique et fulgurant été.
    Se peut-il que demain tout cesse d'exister?
    Aux classes du Savoir, l'homme n'est-il qu'un cancre?

    Cependant, au dedans, d'immobiles anciens
    Réduits par la douleur, par l'âge et la démence,
    -C'est ici le mouroir où se dénouent les liens-

    N'attendent que la mort en leur stupeur immense.
    Et qui sait malgré tout si ces vieillards perdus
    Ne nous révèlent pas la raison qu'on n 'a plus?...

    Centre hospitalier Guillaume Régnier. Mai 1985

    Recueil "En nous l'enseveli" Edition ARDAL
    Préface de Ginette Durand Prix Wilfrid Lucas 1986

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commentaires ( 3 ) (Ajouter un commentaire)
José le samedi 04 août 2012, à 08:18
Il y a plusieurs types de savoir, le savoir-être conditionne les autres à mon sens, en particulier dans l'exercice d'un métier comme celui-ci, en plein cœur de l'Humain. Amitiés.

domidom le samedi 04 août 2012, à 21:14
Un poème poignant et profond, qui nous fait réfléchir à ce que peut être sera notre demain...
Très bien écrit....
Amicalement...Domie...

rivaudais le mardi 07 août 2012, à 23:02
---- Merci Domi pour ce commentaire élogieux. ce texte je l'ai raiment vécu. Il a été écrit en quelques minutes sur mon lieu e travail, de nuit. Tout était calme et entre deux soins basiques , j'ai pu regarder le ciel avant de me touner vers ce qui était encore à l'époque un immense dortoir. Du contraste et de l'émotion, de l'humanité profonde
de ces mourants et du ciel frissonnant a jailli ce poème. Il est de moi certes, mais aussi de cette étrangeté mélancolique qui montait du soir. Je n'en fus que l'interprète
http://www.mespoemes.net/rivaudais

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