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Je me souviens d'un jour d'automne.
-Moi, l'Amour, j' y croyais encor !-
Mais l'hiver oppresse et façonne
Les rêves autant que le corps.
Que sais-je aujourd'hui des étoiles
De ses yeux tout emplis de nuit ?
C'est au temps de Sardanapale
Que j'ai rencontré Nihili.
Le ciel s'était mis en dimanche,
Tout frais lavé, bien reposé.
L'air embaumait entre les branches.
De Saint Martin, c'était l'été.
Devant cette brune africaine
Chaude plante d'un autre été,
Tremblante en dépit de sa laine,
Qui n'aurait pas été touché ?
Mes souvenirs s'illusionnent.
Amour est mort. -S'il a vécu !-
Elle avait un air de madone.
Et son regard !... -Si j'avais su !-
Que pleurent ceux-là qui le veulent.
L'amour n'est pas ce que l'on croit.
Là ! que la peine reste seule:
J'ai décidé d'aller au bois;
Au bois joli de la conquête.
-Plus ne serai ce que je suis-
Les poules dans la cour caquètent.
L'aube au ciel fait de roses plis.
Apollinaire tourne casaque.
Je ne suis pas mauvais garçon
Mais j'ai le sentiment cosaque.
Avril galope en ma raison.
Et voici que monte la peine...
Quand je ne cherchais que l'oubli.
Dans le vase meurt la verveine,
La seule fleur qu'elle m'offrit.
Dans le brouillard qui se déchire
Sur quelque Tamiseau mort-né,
C'est vainement qu'encor soupire
Mon coeur qu'elle a si mal aimé.
A peine le chagrin m'hiberne.
La bise a cessé de souffler.
Et le regret qui me gouverne
Est tout près de se dissiper.
Là-haut c'est le ciel des dimanches,
Frais lavé, brodé, repassé,
Drap où fleurissent les pervenches,
Pétales pliés, matin plissé.
Adieu faux amour confondu
Aux yeux noirs qui déjà s'éloignent !
Je suis pour toujours revenu
De mon château perdu d'Espagne.
Et toi, mon navire-mémoire,
Nous avons assez navigué.
C'est fini ! Qu'on me verse à boire.
Je n'irai plus vagabonder.
Sauf au verger où la broussaille
A des allures de sous-bois.
Et qu'importe alors que s'égaillent
Des minois, tapis-tapinois.
Saint-Brieuc 12 avril 2012
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