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** L'église de mon village **

le samedi 11 août 2012, à 17:19. Posté par André


(où j'ai été baptisé)

Nos ancêtres trimaient avec de la ferveur,
En ayant des besoins et quelques convictions.
Absoudre leurs péchés comme seule faveur,
Tels étaient leurs désirs comme seule ambition.

Les maîtres ouvriers dirigeaient les travaux,
Sur le site choisi au centre du village.
Et ainsi s'érigeait en ces temps médiévaux,
La tour de cette église effleurant les nuages.

Finement ciselée dans les moindres détails,
La simple gargouille à elle seule est de l'art.
Tous ses saints réunis entourant le portail,
Protègent leurs ouailles d'un divin rempart.

Les siècles entassés au pied de cette église,
Atteste de l'effort fourni par nos aïeux,
Qui dressèrent ce lieu, tout comme une balise,
Protection du village avec l'aide de Dieu.

Que de trésors enfouis au sein de ses entrailles,
Où l'autel imposant règne majestueux,
Et le Christ bénissant se dessine au vitrail,
Illuminant la nef parsemée de prie-Dieu.

Ils pouvaient être fiers de l'œuvre colossale,
A laquelle ils avaient tout donné sans retour,
Si ce n'est que pouvoir, le jour dominical,
Escorter leur femme dans leurs plus beaux atours.

Vous étiez bien présent en ces jours de grand-messe,
Où tous les fidèles se courbaient devant vous,
Priant avec respect et beaucoup d'allégresse,
En offrant leur piété ainsi qu'un petit sou.

Vous l'avez délaissée depuis des décennies,
L'occultant à jamais dans ce petit village.
De ses portes fermées, condamnée à l'oubli
De la pensée de l'homme en un dernier outrage.

Les cloches enfermées qui ne résonnent plus,
Ont perdu le timbre des messes d'autrefois.
Les carillons joyeux des noces disparues,
Ainsi que le tocsin qui nous glaçait d'effroi.

Aujourd'hui encore, se dressant fièrement,
En pointant son clocher au-dessus des maisons,
Où le coq silencieux en bravant tous les vents,
De ses points cardinaux montrent les environs.

Peu de chose ferait, pour lui redonner vie.
Qu'on lui ouvre sa porte et répare ses vitraux.
Qu'un curé en soutane y élève l'hostie,
Au son de ses cloches pour unir son troupeau.

(N°08) André le 24 décembre 1991

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
belespoirs le samedi 11 août 2012, à 18:28
----
http://www.mespoemes.net/belespoirs
quelle merveilleuse église ! dommage de l’abandonner ainsi c'est en tout cas un très bel hommage que vous lui faites là et surtout à ceux qui l'on construite merci du partage du poème et de l'image

José le dimanche 12 août 2012, à 09:37
Un très beau texte sur un joyau architectural et cette poignante nostalgie du temps où, plein de sens, il rythmait la vie du village.
Amitiés

domidom le lundi 13 août 2012, à 11:50
Combien de villages aujourd'hui n'entendent plus sonner les cloches de leurs églises, il en est de même pour celle où j'ai moi même était baptisé, les portes ne s'ouvrent plus que pour les enterrements, avec un curé qui se déplace spécialement pour l'évènement, en campagne, il est de plus en plus difficile de trouver des prêtres, encore une valeur d'autrefois qui se meurt peu à peu...
J'ai adoré cette magnifique muse si bien imagée...
Amicalement...Domie...
http://www.mespoemes.net/domidom

mameralice le dimanche 13 avril 2014, à 22:11
----L'auteur de ce poème (mon beau-père) nous à quitté le 27 mars 2014.
Je l'estimais énormément. Il avait le sérieux et la rigueur qui se perd de plus en plus aujourd'hui.
http://www.mespoemes.net/mameralice

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