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A l'aube de la nuit des temps
Il y a des centaines, des milliards d'années,
Au cœur de l'absolu était la nuit des temps,
Au noir universel dans un site glacé,
Tel était l'univers il y a très longtemps.
Ce monde impalpable est encore invisible,
Il règne en silence depuis l'éternité,
Il attend patiemment une vie accessible,
Dans ce creux sidéral il attend de créer
Ténèbres profondes, absentes de matière,
En ces lieux menaçant où l'esprit a sa place,
Entité de toujours blottie dans sa tanière,
Fera dans ce néant ses futures cuirasses.
Pour cela il lui faut bâtir de toutes pièces,
Un support matériel où régnera son art,
Pouvoir y dominer sans faire de promesse,
Et créer des bastions en immenses remparts.
Le temps est révolu, l'atome est à sa place,
Au moment opportun, il faut se décider,
L'entité en convient et meut, par son audace,
Le déclic du big-bang qui fera tout sauter.
Et c'est l'embrasement de la nuit, pour l'action,
Gigantesque lueur qui parcourt l'univers,
Et projette sans bruit, la matière en fusion,
Qui au cours des siècles, forgera notre terre.
Notre monde a vieilli, l'alchimie a eu lieu
Du fond de ce creuset en sort les molécules,
Qui s’assemblent soudain en supports ingénieux,
Créatrices des corps où l'esprit s'inocule.
Parmi ces moulages un être prédomine,
A l'image de rien, ressemblant à personne,
Peu de temps lui suffit pour qu'enfin il domine
Tous les êtres vivants, car lui seul il raisonne.
Imbu de son savoir, sans savoir qu'il est dû,
Il module le temps, invente des systèmes,
Gouverne le monde comme bien entendu,
Impose ses idées organisant leurs thèmes.
Maintenant il détient de modernes pétoires,
Qui peuvent tout détruire ainsi que notre terre.
Deux mille ans ont passé il serait illusoire,
Qu'en souvenir du Christ, il veuille s’en défaire.
Poursuivant son chemin en filant dans les cieux,
Le soleil remorque cette boule saphir,
Orgueil de l'univers où l'homme dédaigneux,
Y disparaisse un jour pour enfin le punir.
André
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