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LETTRE A MON... AIMEE ( AOUT 1917)
Ma mie, ma douce, ma belle, mon ange,
Voici ma dernière lettre, n'y vois l'étrange,
Ce soir je ne serais à coup sûr plus de ce monde,
La folie des hommes m'aura emporté dans sa ronde.
Nous monterons une énième fois à l'assaut,
Inutile carnage, fruit du cerveau de nos généraux,
Nos maigres poitrines contre le feu de la mitraille,
Y aller coûte que coûte, vaille que vaille.
L'air saturé éclatera, vrombiront les obus,
Qu'importe les pertes pour nos supérieurs obtus,
La terre volera écarlate mélangée à nos chairs,
Je disparaîtrai déchiré ainsi que nombre de mes frères.
Le fait de mourir ne me fait plus peur,
La vie dans les tranchées c'est l'enfer, l'Horreur,
Nous sommes réduit à l'état de larves,
Il ne reste rien de ce qui fut, coule la lave.
Il n'y a plus de jours, il n'y a plus de nuits,
Nous sommes en permanence au contact de l'ennemi,
Mais y-a-t-il un véritable ennemi ? J'en doute!
Logés à la même enseigne que nous, au mieux une redoute.
Nos seuls et vrais ennemis sont ces pourceaux,
Ceux que l'on encense, que l'on nomme Maréchaux,
Pour eux nous ne sommes que vermine, infime,
Des chiffres, des régiments composés parfois d'infirmes.
Ma mie, ma douce, ma belle, mon ange,
Je le sais, je le sens, je vais mourir, n'y voit l'étrange,
Que tu ai pu m'aimer me rend heureux,
Que tu te sois donnée à moi, reste merveilleux.
Ma mie, ma douce, ma belle, mon ange,
Je veux mourir, je veux partir, n'y voit l'étrange,
J'emporterai avec moi ton image,
Je t'attendrai dans un monde meilleur, soit bien ...sage!
PHIL LE 2.03.2010
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