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Egarement aux confins du Sommeil…..
…..Il s’ouvre dans les êtres d’infinies profondeurs, d’infinis territoires où
La Pensée s’égare, forêts et landes du Nocturne aux lueurs indécises et dans
Les failles du Sommeil, des puits sans fond du Vivant et de l’Âme, des puits
D’égarement où ne pénètre plus l’Esprit, où les noms ni les images ne tiennent
Plus, se désagrègent, des puits de silence et d’échos, mussitations, soupirs,
Chuchotements, dialogues solitaires, balbutiements de naissance et d’enfance,
En lieux inaccessibles, étangs, forêts et landes, en Sommeil hauturier dont
L’Etrange, l’Enigme et le Lointain forment l’intime Essence, vague mémoire
De l’Intime, du Fond sans Fond et du Désert de Soi en traces illisibles, dans
L’Innommable, vague mémoire de l’Innommé et de l’Insu à même l’étrange
Des Paroles, Ô désarticulés et le Fond et l’Essence, si loin et si profond et
Pourtant si fertile, pays des Dissemblances!…..
Oui, notre esprit s’égare à chaque nuit, à chaque songe et plonge, suressentiel
Abîme ou sublime apophase, ne cherche plus la Forme, l’Image ni l’Idée
Parmi les scories, les gravats, les herbes et les sables ni l’Ordonnance
Improbable du Monde, ni le Modèle ni l’Entité, voici que s’offrent à toi,
Peut-être, au navire du Sommeil, l’Abondance et la Joie et le Souverain
Bien de la Simplicité, voici, peut-être que se prononcent les Noms appropriés
Et que nous oublions dans la contrainte de l’Eveil, dont il ne reste que
Brindilles à rassembler, à déchiffrer pour un chant d’illusoire Beauté, oui
Notre esprit s’égare ou remonte, peut-être, Ô Bienheureuse Nage, vers la
Source enchantée du Léthé, vers les rivages obscurs de Souvenance. Oui,
Notre esprit s’égare aux contrées inconnues du Dormir…..
Dans le Déclin et du Soir et de l’Âge, laisser venir dans l’Intime de Soi
Un peu de cet Egarement mythique pour l’Oeuvre ultime d’une Vie et pour
Un dernier Chant, une sorte de Mort mystique, d’anéantissement, à la proue
Du Sommeil, comme une absence à Soi, comme on s’éloigne peu à peu,
Comme un certain Détachement pour la faveur des Autres, une certaine
Somnolence épurée, glissant déjà vers les prairies suaves du Grand Repos
Comme un certain étonnement d’être à peine un Vivant et de ne s’être pas
Connu, une Semblance dissemblante, un Non-Savoir, un Non-Vouloir, un
Non-Avoir d’une Douceur extrême, d’une digne Faiblesse! Oui, notre esprit
S’est égaré, peut-être de toujours, sur cette Terre d’aubes et de Soirs, aux
Confins du Sommeil……
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