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« L'amour est la véritable religion de l'hypercomplexité. »
Edgar Morin
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Petite entité biochimique
Aussi fragile qu'un souffle de vent
Quelques atomes, un peu de sang
Mais qu'est-ce donc que tu fabriques ?
Avec tes idées de puissance
Et tes rêves d'éternité
Tes fanfaronnades tarées
Et tes petites connaissances.
L'univers ronronne, peinard,
Indifférent à tes prestances,
Tes pseudos valeurs, ta naissance,
Quelques secondes ... un corbillard.
De la nature, les projets
Tu ne sais rien, tu balbuties
Dans l'ambition de tes lubies
Tu sais compter, mais pas aimer.
Car l'amour c'est une autre histoire,
On en cause, il faut voir de près
Ce qu'il en est, bon gré mal gré,
Ce qu'il en reste dans tes grimoires.
Ce qu'il en est présentement
Dans tes guerres à répétition
Tes divergentes religions
Tes opinions, tes sentiments.
L'univers ronronne, peinard,
Indifférent à tes prestances,
Tes pseudos valeurs, ta naissance,
Quelques secondes ... un corbillard.
Petite entité biochimique
Aussi fragile qu'un souffle de vent
Quelques atomes, un peu de sang
Mais qu'est-ce donc que tu fabriques ?
*
T27081211
http://youtu.be/ygB4GkZOH3Y
L'être humain n'est pas physique par son corps. Il est physique par son être. Son être biologique est un système physique. Nous sommes des super-systèmes, c'est-à-dire que nous produisons sans cesse des émergences. Nous sommes des super-systèmes ouverts, c'est-à-dire que nul être vivants n'a plus de besoins, de désirs et d'attente que nous. Nous sommes des systèmes refermés à l'extrême, nul n'est aussi clos en sa singularité incommunicable. Nous sommes des machines physiques. Notre être biologique est une machine thermique. Cet être-machine est lui-même un moment dans une mégamachine qu'on appelle société, et un instant dans un cycle machinal qu'on appelle l'espèce humaine.
Ce qui meurt aujourd'hui, ce n'est pas la notion d'homme, mais une notion insulaire de l'homme, retranché de la nature et de sa propre nature ; ce qui doit mourir, c'est l'auto-idolâtrie de l'homme, s'admirant dans l'image pompière de sa propre rationalité.
Mais la culture est indispensabe pour produire de l'homme, c'est-à-dire un individu hautement complexe dans une société hautement complexe, à partir d'un bipède nu dont la tête va s'enfler de plus en plus.
La pleine conscience de l'incertitude, de l'aléa, de la tragédie dans toutes choses humaines est loin de m'avoir conduit à la désespérance. Au contraire, il est tonique de troquer la sécurité mentale pour le risque, puisqu'on gagne ainsi la chance. Les vérités polyphoniques de la complexité exaltent, et me comprendront ceux qui comme moi étouffent dans la pensée close, la science close, les vérités bornées, amputées, arrogantes. Il est tonique de s'arracher à jamais au maître mot qui explique tout, à la litanie qui prétend tout résoudre. Il est tonique enfin de considérer le monde, la vie, l'homme, la connaissance, l'action comme systèmes ouverts. L'ouverture, brèche sur l'insondable et le néant, blessure originaire de notre esprit et de notre vie, est aussi la bouche assoiffée et affamée par quoi notre esprit et notre vie désirent, respirent, s'abreuvent, mangent, baisent.
Si nous savons comprendre avant de condamner, nous serons sur la voie de l'humanisation des relations humaines.
Croire qu'un homme est une être supranaturel est une erreur qui a conduit à l'idée folle de l'homme maître de la nature, qui allait la conquérir et la maîtriser. Isoler la vie de la matière est une idée folle et qui, aujourd'hui, est prouvée fausse. Il n'y a pas de substance biologique différente des substances physico-chimiques.
Le sens de l'amour et le sens de la vie, c'est le sens de la qualité suprême de la vie. Amour et poésie, quand ils sont conçus comme fins et moyens du vivre, donnent plénitude de sens au « vivre pour vivre ».
L'idée de vérité est la plus grande source d'erreur que l'on puisse envisager ; l'erreur fondamentale consiste à s'approprier le monopole de la vérité.
La réussite peut masquer la renonciation. La réussite est la forme dégradée, et parfois la fausse monnaie carriériste, de l'épanouissement de soi. Celui qui dit « j'ai réussi » est un pauvre diable qui a besoin de se rassurer.
Une intelligence incapable d'envisager le contexte et le complexe planétaire, rend aveugle, inconscient et irresponsable.
Quand on me demande si je suis optimiste ou pessimiste, je réponds « opti-pessimiste » car la pensée complexe refuse l'alternative entre optimisme et pessimisme. Je suis vigilant et je crois que les probabilités sont très mauvaises et même catastrophiques, mais qu'il y a tout de même une petite fenêtre pour l'improbable...
Edgar Morin
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