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Porté par le silence, aux instants solitaires
De journées infinies où il va s'étiolant
Empêché par l'ennui et ses rituels austères,
L'être que nous étions se meurt d'être un enfant.
A se vouloir empreint d'une idée d'avenir
Pour s'enfuir du réel, de ses désirs mouvants
Sans savoir pour autant comment s'appartenir,
L'être que nous étions se meurt d'avoir vingt ans.
En se plaisant de vivre au gré de l'ordinaire
Et de rêver d'Histoire ou de destin si grand
Qu'il demeure captif de son imaginaire,
L'être que nous étions se meurt de l'air du temps.
Ignorant des mystères et possibles d'une âme
Qui sauraient attiser son esprit vieillissant
Et retirer du cœur meurtrissures et squames
Sans que l'on ait besoin de prier en chantant,
L'être que nous serons se meurt dés à présent…
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