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Ô ma petite enfant
qui est sage, trop sage,
surtout n'aie pas peur
ainsi dans le noir.
Toi, tu restes là
sans bouger
à m'attendre.
Combien je pense à toi ce soir.
J'aurais voulu te combler de caresses,
j'aurais voulu te prendre dans mes bras,
t'embrasser, te dire des mots tendres
et te faire rire aux larmes, aux éclats.
Mais tu n"as pas le droit
de jouer, de bouger,
mais tu n'as pas le droit
de te réaliser.
Et je t'offre des fleurs,
mes pleurs et ce poème
et mes rêves aussi
-qui sont souvent de toi-
et je t'offre mon coeur
-toi tu sais que je t'aime-
et je t'offre la joie
que tu fais naître en moi.
Et je te donne aussi la paix de mes prières
pour te consoler d'être morte.
Ô ma fille, ma belle,
ma douce, mon oiselle ,
mon bébé d'amour, mon enfant !
Pourquoi donc es-tu obligée
de garder pour toujours
l'innocence de l'âge ?
Comment fais-tu pour supporter
tout ce poids de terre
sur ton petit corps ?
Combien de temps encore
aurais-je à repasser
le film de ta brève existence ?
Fuir l'océan de ton départ...
Un jour je dormirai, moi aussi dans la tombe
et je pourrai alors te prendre dans mes bras.
Moi sur le dos,
toi sur mon ventre,
nous serons bien alors, je crois.
Il est des rires qu'on imagine.
Et toute cette attente à ne pouvoir bouger,
tu l'oublieras enfin.
Enfin ô mon enfant !
Ô que tu seras bien dans les bras de papa !
Quand je m'endormirai dans la nuit de ta tombe,
Quand je m'endormirai dans la nuit de ta mort !
Pour Kevina Betton (35)1986
Pour Erell Ploufragan (22) 2008
J'aurais tant voulu qu'elles reposent ensemble
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